Coupe du Monde: La Russie élimine l’Espagne et file en quarts de finale

Et encore un ténor au tapis ! L’Espagne, champion du monde 2010, a été éjectée par une surprenante Russie, qui a déjoué les pronostics en se hissant en quarts de finale de sa coupe du Monde 2018 au terme d’une séance de tirs au but étouffante (4 t.a.b à 3; 1-1 a.p.).

La compétition russe a été sans pitié pour les places fortes du foot mondial: L’Allemagne, tenante du titre, a été éliminée en poules; le Portugal, champion d’Europe en titre et l’Argentine, vice-champion du monde en titre, ont été éliminés en 8e de finale… Sans oublier les dix Ballons d’or qui quittent le tournoi avec les départs de Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Un nouvel ordre mondial du foot va-t-il émerger?

Loin de toutes ces considérations, la « Sbornaïa » attend de savoir qui elle affrontera au tour suivant, entre Croatie et Danemark opposés à 20h00 (heure de Paris).

. Akinfeev ce héros

Et tout un peuple n’a qu’un nom à la bouche: Akinfeev. C’est lui qui a stoppé les tirs au but de Koke et Iago Aspas. « Nous sommes en train de vivre une Coupe du monde fantastique. Pas juste pour nos fans, mais pour les fans des autres pays qui prennent part à cette fête et comprennent que les Russes savent vraiment comment jouer au football et veulent jouer au football », a commenté le gardien du CSKA Moscou, âgé de 32 ans. Et de révéler: « Nous espérions les penalties ». Adroit et visionnaire avec ça.

Stanislav Cherchesov, le sélectionneur de la Russie, s’est fait plus sobre dans la victoire: « Nous voulons toujours dire merci à nos joueurs, et c’est encore plus vrai aujourd’hui ».

Pourtant, personne n’aurait parié avant ce tournoi sur la « Sbornaïa », qui n’avait pas gagné un match en 2018 avant que le tournoi ne commence. Alors comment expliquer cette renaissance? « Par le fait que nous avons passé deux ans à travailler (pour cette Coupe du monde) et que nous avons fait un bon travail », a seulement ajouté le moustachu le plus célèbre de Russie.

La Russie peut-elle refaire le coup de l’Euro-2008 où elle avait atteint les demi-finales? Elle a en tout cas pris sa revanche sur l’Espagne qui l’avait alors éliminé il y a dix ans.

. La « Roja » maudite

L’Espagne succombe une nouvelle fois face au pays-hôte en Coupe du monde, comme contre l’Italie en 1934, le Brésil en 1950 et surtout la Corée du Sud en 2002. Le même sortilège l’escorte même lors des Championnats d’Europe, où elle n’a jamais réussi à battre le pays organisateur en cinq tentatives (1980, 1984, 1988, 1996, 2004)…

Et les « Rossiya, Rossiya » ont retenti à nouveau sous la pluie du stade Loujniki avant de gagner les rues de Moscou.

Nommé juste avant le Mondial, Fernando Hierro jouait ce dimanche à la tête de l’Espagne une partie de son avenir après avoir succédé au pied levé à Julen Lopetegui, coupable d’avoir négocié son départ au Real Madrid avant le début de la compétition.

Pour d’autres la suite est plus claire: C’est sans doute le dernier match sous les couleurs de la « Roja » du vétéran Andres Iniesta (34 ans).

. La Croatie doit assurer

La Croatie sera-t-elle sur la route des Russes? Brillante lors du premier tour de l’Euro-2016, la sélection aux damiers s’était ensuite écroulée dès le premier match couperet.

Le capitaine croate Luka Modric veut une autre issue pour s’inviter dans la course au Ballon d’or, maintenant que Cristiano Ronaldo et Lionel Messi sont éliminés.

Pour continuer le beau parcours, il faudra museler notamment le maître à jouer scandinave Christian Eriksen, qui l’avait justement remplacé à Tottenham après son départ au Real Madrid. « Je ne me considère pas moins (bon) que lui », prévient le Danois. « Modric a gagné un nombre incroyable de récompenses. Bien sûr, l’équipe du Real Madrid l’a aidé mais il a joué à un très haut niveau. C’est le type de joueur contre lequel vous aimez vous mesurer. »

Reste que la Croatie ne se résume pas à Modric. Dans le sillage des Ivan Rakitic, Mario Mandzukic ou encore Ivan Perisic, le pays des Balkans jouit d’une nouvelle génération capable de faire oublier celle des Boban, Suker et Prosinecki qui avait fini 3e du Mondial-1998 en France. C’est sûrement la dernière occasion de le faire.

Afp