Les nouveaux visages du Congrès américain

Femmes, jeunes, représentants des minorités mais aussi le frère du vice-président… Les élections législatives de mardi aux Etats-Unis permettent de renouveler largement le Congrès américain. Voici quelques nouveaux visages emblématiques:

– Alexandria Ocasio-Cortez, l’étoile de la gauche –

Arrivée comme un coup de tonnerre sur la scène politique nationale, cette Hispanique de 29 ans a été élue à la Chambre des représentants, devenant ainsi la plus jeune membre du Congrès. Avec un programme résolument à gauche, l’ancienne serveuse et éducatrice, qui a travaillé pour la campagne de Bernie Sanders en 2016, a remporté sa circonscription populaire new-yorkaise, à cheval entre les quartiers du Bronx, où elle est née dans une famille modeste, et du Queens.

Celle qui revendique l’étiquette socialiste est devenue en quelques mois la figure de proue d’une nouvelle vague de femmes et de membres des minorités qui bousculent l’establishment démocrate.

– Ayanna Pressley, surprise de Boston –

Cette élue démocrate de Boston, 44 ans, va être la première femme noire à représenter le Massachusetts au Congrès. Elle a remporté sans surprise — car sans aucun adversaire — sa circonscription pour la Chambre des représentants, considérée comme parmi les plus à gauche des Etats-Unis.

Sa vraie victoire était intervenue lors des primaires, contre un vieux routier démocrate, Michael Capuano. Ayanna Pressley incarne un courant à la gauche du Parti démocrate mais aussi une montée en puissance des femmes dans ces élections.

Originaire de Chicago, cette militante a mené une campagne de terrain, n’hésitant pas à évoquer ses expériences d’agressions sexuelles et à invoquer sa proximité avec les classes populaires pour assurer qu’elle serait « une dirigeante différente ».

– Ilhan Omar et Rashida Tlaib, premières musulmanes –

Ces deux candidates démocrates sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane à être élues au Congrès américain.

Elle ont remporté chacune un siège à la Chambre des représentants, respectivement au Minnesota et dans le Michigan. « On a réussi, ensemble. Merci! », a tweeté Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, avant d’écrire à l’attention de Rashida Tlaib, née à Détroit de parents immigrés palestiniens: « J’ai hâte de siéger avec toi, inchallah ».

Ilhan Omar, 36 ans, a fui enfant la guerre civile en Somalie pour les Etats-Unis, où elle s’est installée à l’adolescence à Minneapolis avant de devenir, déjà, élue locale de l’Assemblée de son Etat.

Rashida Tlaib, Américano-Palestinienne de 42 ans, était assurée de gagner dans son fief démocrate du Michigan, où elle était seule en lice.

– Greg Pence, le frère du vice-président –

Le frère aîné du vice-président des Etats-Unis Mike Pence a remporté un siège à la Chambre des représentants dans la circonscription jadis détenue par ce dernier dans l’Indiana, bastion des républicains. A 61 ans, l’homme d’affaires, ancien militaire, disputait sa première élection. Il se présente comme un conservateur anti-avortement et pro-armes.

« Comme beaucoup d’entre vous, je continue d’être inspiré par le président Trump », a-t-il lancé après sa victoire. « Je soutiens le programme du président qui se bat pour les classes moyennes », a-t-il ajouté.

– Sharice Davids et Deb Haaland, premières Amérindiennes –

Ces deux démocrates élues à la Chambre, respectivement au Kansas et au Nouveau-Mexique, sont devenues les premières femmes amérindiennes à siéger au Congrès.

Avocate, férue d’arts martiaux et ouvertement homosexuelle, Sharice Davids, 38 ans, l’a emporté sur des terres conservatrices face au républicain Kevin Yoder. Elevée par une mère célibataire ancienne membre de l’armée, elle est diplômée d’un institut de formation publique et a passé un an à Washington au sein de l’administration Obama.

Deb Haaland, 57 ans, est quant à elle une mère célibataire issue de la tribu Laguna Pueblo, qui a vaincu l’alcoolisme et subsisté grâce à des bons d’alimentation.

« Je suis une femme, je suis une femme de couleur », disait la candidate durant la campagne en désignant son visage brun et ses longs cheveux noirs et lisses. « C’est ce genre de personnes qu’il faut au pouvoir actuellement pour faire avancer les questions qui comptent », martelait-elle lors de ses meetings.

Plus d’une dizaine d’hommes amérindiens avaient déjà été élus, mais jusque-là aucune femme issue des communautés autochtones. Cette année, les élections législatives avaient d’ailleurs enregistré un record de candidats amérindiens.

Afp