Retour au calme à Bouaké, après de nouveaux mouvements d’indiscipline de l’armée

Peu de répit pour les habitants de Bouaké, la deuxième ville de Côte d’ivoire, encore secouée par des tirs mardi soir, le 9 janvier. Une querelle entre des militaires et des forces de sécurité aurait dégénéré.

La semaine dernière déjà, dans la nuit de jeudi à vendredi, un soldat avait été tué dans un règlement de compte. Un conseil des ministres est en cours à Abidjan.

La sérénité est revenue, ce mercredi matin. Lentement dans la deuxième ville du pays. Peu à peu, les habitants sont sortis prudemment de leurs habitations. Les habitants de Bouaké n’ont jamais connu de répit en matière de mutinerie ou de coups de force depuis 2014. Ils sont au mieux résignés ou, au pire, exaspérés par les faits d’armes qui secouent cette ville du centre du pays.

Mardi soir, le paroxysme de l’hostilité qui anime les militaires et les forces mixtes de sécurité CCDO s’est traduit par un raid des premiers sur la base des seconds, vers 20h. Les forces de sécurité CCDO avaient anticipé, en évacuant les lieux. Il n’y a donc pas eu d’affrontements directs entre hommes armés mais d’importants dégâts.

Ce matin le préfet et le maire de la ville qui ont visité les lieux ont pu constater que plusieurs bâtiments du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) avaient été incendiés par les militaires.

Querelle personnelle ?

Des représailles ciblées semble-t-il. Seuls les véhicules privés avaient été incendiés et les jeeps ou 4X4 siglés du nom de la force de sécurité sont, eux, restés intacts. Ceci tend à renforcer la thèse selon laquelle cette hostilité déclarée entre militaires est lié à une querelle personnelle celle d’un lieutenant commandant du CCDO que les militaires ne veulent plus voir à Bouaké.

Officiellement, il n’y a pas eu de victimes dans ces évènements de mardi soir. Ce matin, une importante colonne entre 20 et 30 véhicules des forces de sécurité est arrivée à Bouaké pour rassurer les populations et ramener un peu de sérénité. Au Palais présidentiel on attend à présent une déclaration du gouvernement à l’issue du conseil des ministres.

rfi