Mali: une attaque suicide vise la force française Barkhane dans le Nord

Au Mali, la force française Barkhane a été la cible, ce jeudi, par une attaque suicide entre Ménaka et Indélimane. Il y a trois blessés, dont un gravement touché qui a dû être évacué vers la France. Si la pose d’engins explosifs (IED-« Roadside Bomb ») est très fréquente, ces attaques à la voiture suicide sont relativement rares, et visent le plus souvent des objectifs importants ou forts en symbole. Cet attentat a eu lieu le jour anniversaire des cinq ans de l’intervention française au Mali, l’opération Serval, le 11 janvier 2013.

Une attaque suicide à l’aide d’un pick-up chargé d’explosif, c’est un mode d’action bien connu des militaires français. Ce jeudi, selon l’état-major des armées, c’est un blindé français qui a été visé alors que les militaires circulaient en convoi. L’explosion a blessé trois soldats de Barkhane. Leur véhicule de l’avant blindé (VAB) leur a certainement sauvé la vie.

La Zone, où a eu lieu l’attaque, est connue pour être un secteur où opèrent les hommes du mouvement EIGS, Etat islamique pour le Grand Sahara. Pour l’heure, aucune revendication n’est parvenue. L’état-major des armées à Paris rappelait jeudi que « Barkhane menait notamment en ce moment, des opérations dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger, et le Burkina Faso (une zone de 370 000 km2) après une -pause opérationnelle- durant les fêtes de fin d’année ».

L’attaque d’Indélimane s’inspire des méthodes employées par les mouvements terroristes du Proche-Orient que ce soit Daech en Irak ou en Syrie ou encore les talibans en Afghanistan dans les années 2000. Fin novembre 2016, la base de Gao qui abrite Barkhane et les troupes des Nations unies avait été visée par des pick-up bourrés d’explosif. L’attaque avait pu être contrée in extremis. Quelques semaines plus tard, c’était le terrible attentat visant un camp du Mécanisme opérationnel conjoint, également à Gao, qui avait coûté la vie à au moins une soixantaine de Maliens issus des groupes armés signataires de l’accord de paix. Enfin, le 14 juillet 2014, c’est un légionnaire en opération dans le nord du Mali qui avait trouvé la mort dans une attaque similaire.

rfi