Madagascar: la bataille des alliances pour le second tour a commencé

Demain, les deux finalistes du premier tour de la présidentielle reprendront le chemin des meetings pour une vaste tournée dans le pays. Le défi, en ce moment, réside dans les alliances conclues entre les candidats et leurs ex-adversaires. Petit tour d’horizon de ces coalitions stratégiques et de cette guerre des chiffres.

« En politique, il n’y a ni d’éternels ennemis, ni d’éternels amis », déclarait la semaine dernière le candidat Marc Ravalomanana. Il affirmait par la même occasion que 70% des 34 candidats recalés du premier tour avaient rallié son clan.

Qu’en est-il réellement ? Difficile de le savoir. Beaucoup ne se sont pas encore prononcés officiellement. Certains comme le président sortant Hery Rajaonarimampianina, arrivé en 3e position, le pasteur Mailhol (4e) ou l’ex-ministre Paul Rabary ont déjà fait savoir qu’ils refusaient de donner une consigne de vote.

En revanche, la magistrate Fanirisoa Ernaivo, Eliana Bezaza ou encore Benjamin Radavidson ont annoncé soutenir Ravalomanana. Côté Rajoelina, seule Saraha Rabeharisoa a pour le moment rallié le camp orange.

Toutefois, explique un proche conseiller de Rajoelina qui a souhaité garder l’anonymat, « beaucoup d’élus locaux et de députés HVM [le parti du président sortant] sont en train de renforcer nos rangs. Notamment des députés de circonscriptions stratégiques comme la Sava ou le Grand Sud, dans lesquels le président a fait de gros scores ».

De belles prises, donc, puisque ces autorités locales jouissent d’une vraie influence sur les électeurs. « En terme d’idéologie, poursuit le conseiller, les partisans HVM sont plus proches de nous que de notre concurrent ». Ce dernier révèle également que deux ministres HVM de l’actuel gouvernement ont rallié leur camp.

Samedi, un conseiller de Ravalomanana déclarait sur notre antenne que « 80% des maires, sénateurs ou conseillers municipaux HVM » leur avaient déjà assuré de leur soutien. « Pas crédible ! » rétorque le clan Rajoelina qui revendique lui les trois-quarts des députés de l’Assemblée nationale (incluant les 49 députés Mapar, le parti d’Andry Rajoelina). Une guerre d’annonces et de chiffres qui ne fait que commencer, à la veille d’une campagne décisive pour un scrutin historique.

Mardi 4 décembre, Andry Rajoelina inaugurera sa campagne en périphérie de la capitale en donnant plusieurs meetings dans différentes villes. Tandis que Marc Ravalomanana, lui, participera à un culte donné en direct de son QG.

rfi