L’Ethiopie confrontée à une grave crise ethnique

Depuis deux mois en Ethiopie, des affrontements répétés à la frontière entre la région Oromia et la région Benishangul-Gumuz, dans l’ouest du pays, ont fait des dizaines de morts. Les autorités essaient tant bien que mal de faire face à la situation.

Abiy Ahmed a réussi là où beaucoup avaient échoué. Le Premier ministre a fait la paix avec l’Erythrée et plusieurs groupes d’opposition.

Mais les conflits ethniques constituent un point noir de son mandat. Depuis janvier, le pays a enregistré un million et demi de déplacés du fait de violences. Un record mondial.

Selon un chercheur, le fédéralisme éthiopien, structuré sur une base ethnique, avait tenu grâce au contrôle ferme de l’Etat central, notamment du temps du Premier ministre Méles Zenawi, mort en 2012.

Depuis, ce contrôle se délite, avec pour conséquence la hausse des revendications minoritaires.

Selon un expert, les groupes rebelles revenus au pays « ont pour certains gardé leurs armes, avec parfois un agenda ethnique », dit-il.

Dans les affrontements à la frontière des régions Oromia et Benishangul-Gumuz, les autorités affirment avoir arrêté plus de 200 suspects. Le Conseil national de sécurité a annoncé le déploiement des forces fédérales.

Le Premier ministre est lui-même Oromo et chef de l’ODP. Le parti au pouvoir dans l’Oromia s’est réuni en urgence en fin de semaine. Il a accusé un groupe « d’orchestrer les tueries ».

Selon un expert, les fragilités actuelles du fédéralisme sont devenues faciles à exploiter pour créer de l’instabilité. « Il est possible que quelqu’un tire les ficelles pour déstabiliser le pouvoir d’Abiy Ahmed », dit-il.

rfi