Pour la première fois, l’Agence française de développement soutient l’industrie créative. L’AFD vient de fournir une enveloppe de 800 000 euros, en don et prêt, à un fonds kényan qui aide les artisans, designers, peintres, photographes ou encore musiciens. Une nouvelle philosophie pour l’agence.

On connait l’AFD pour son soutien à la santé, l’énergie ou encore l’éducation. La voilà désormais dans l’industrie créative à travers ce projet pilote avec l’organisation kényane Heva Fund. Selon Rémy Rioux, directeur général de l’AFD, création rime désormais avec développement.

« Les industries culturelles sont un secteur économique important en Afrique et dont le potentiel de création d’emplois, de valeurs, n’a pas été encore libéré. C’est en partie par défaut de financement, parce que les artistes qui sont plus fragiles que d’autres entreprises, ne trouvent pas de financement bancaire. »

En cinq ans, Heva Fund a soutenu 400 entrepreneurs. Une bouée de sauvetage selon le photographe Thomson Ncube, fondateur du Studio Zolani, à Nairobi, qui a obtenu un prêt de 10 000 dollars.

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« En tant que jeune créateur je n’avais pas de garantie financière. Même si j’étais chez ma banque depuis sept ans, ma négociation n’a rien donné. Je n’avais rien pour la convaincre de me prêter le moindre shilling. »

Pour Maureen Njuguna, directrice des investissements chez Heva Fund, les banques n’ont pas encore la fibre créatrice : « L’économie créatrice est très risquée et son langage est très spécifique. Le cycle des revenus est très différent des autres secteurs. Donc les banques n’arrivent pas à s’adapter. Je pense que les institutions financières doivent démystifier le risque et apprendre à connaître cette industrie. »

Ce projet pilote de 800 000 euros, est modeste vu les 10 milliards d’euros de budget annuel de l’AFD. L’agence teste encore sa nouvelle philosophie.

rfi

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