Centrafrique: l’ambassadrice de l’UE visite des prisons

Mardi 7 août, l’ambassadrice européenne en Centrafrique Samuela Isopi s’est rendue dans les deux prisons de Bangui, la prison pour hommes de Ngaragba et la prison de Bimbo pour les femmes.

En Centrafrique, l’Union européenne soutient le système pénitentiaire à travers son programme de réhabilitation des secteurs de la justice et de la police en RCA, le RESEJEP. Un programme s’étalant sur plusieurs années et d’un budget total de 18 millions d’euros dont environ 400 000 euros pour les prisons (programmes de formation, équipement des infirmeries, matériel pour les surveillants civils, etc.). Objectif de la visite de l’ambassadrice : voir ce qui a déjà été réalisé, mais surtout évaluer les besoins avant le lancement d’un nouveau programme européen concernant ce secteur.

Les prisonniers de Ngaragba s’agglutinent dans la petite cour grisâtre de la prison. Ils sont plus de 800 dans ce centre pénitentiaire pour 400 détenus.

Surpopulation, problèmes de santé et d’alimentation sont les difficultés majeures rencontrées dans les prisons centrafricaines. L’Union européenne a déjà beaucoup investi, explique Livio Granzotto, le chef de l’équipe d’assistance technique du RESEJEP : « L’intervention de l’Union européenne dans le cadre des prisons était une intervention d’abord d’urgence qu’on a mise en route en 2014 tout de suite après le coup d’Etat. C’était pour répondre aux besoins de l’époque, surtout aux besoins de sécurisation des établissements pénitentiaires donc des questions de murs, de barbelés tout autour et aussi des questions concernant les sanitaires. »

A Bimbo, autre ambiance. Les femmes préparent des petits gâteaux qu’elles vendent pour leur caisse commune. L’ambassadrice est venue écouter les besoins des régisseurs. Pour elle, la solution réside dans une approche plus globale : « Maintenant que l’on va lancer le nouveau programme, on aura peut-être l’opportunité de se focaliser sur des aspects plutôt à long terme, stratégiques. On a vu ce matin que le problème réel c’est plutôt un problème à caractère structurel auquel il faut donner des réponses plus structurelles et qui doivent être discutées à un niveau politique. »

Dix-huit millions d’euros sont espérés pour la partie justice de ce nouveau programme à venir.

rfi