Ce vendredi se tient, à Vienne, le sommet semestriel de l’Opep et les discussions risquent d’être tendues car l’Arabie saoudite et la Russie chercheront à convaincre les principaux producteurs mondiaux d’augmenter leurs objectifs de production de pétrole à partir du mois de juillet. Ce qui aurait des conséquences néfastes au Venezuela.

L’initiative russo-saoudienne ne fait pas les affaires de tout le monde à l’Opep. Plusieurs pays s’opposent à une augmentation des objectifs de production de pétrole à partir du mois de juillet, en particulier le Venezuela, qui en est incapable, faute d’investissements notamment.

D’autant qu’une hausse de la production du pétrole risquerait de faire baisser les prix du brut et Caracas redoute une chute de ses revenus pétroliers ainsi qu’une baisse de ses parts de marché.

D’autant que pour un pays dont les exportations pétrolières représentent plus de 95% des recettes en dollars, cela pourrait compliquer la situation de quasiment tous les secteurs d’activités, à l’image du secteur automobile notamment, obligé d’importer absolument toutes les pièces détachées de véhicules.

« Toutes les pièces viennent de l’étranger. Et acquérir des devises est chaque fois plus difficile. L’Etat ne donne pas de dollars. En tant que commerçant, il faut recourir au marché parallèle de dollars qui est très élevé. En ce moment, on manque de bougies, de filtre à air, de filtre à huile », explique ainsi Ricardo, gérant d’un magasin de pièces détachées d’automobiles à l’est de Caracas. Chez lui, les clients repartent souvent les mains vides. Faute d’argent face aux prix élevés ou faute de pièces détachées en stock.

« Le jour où j’ai une réparation majeure à faire, je devrai malheureusement laisser ma voiture chez moi et ne plus l’utiliser car je n’aurai absolument pas les moyens. Ca va très mal. Si ça continue, les gens se déplaceront à pied ou à vélo », se lamente de son côté Rafael. Ce chauffeur de taxi a fait le tour des garagistes à la recherche de pneus, mais à 100 millions de bolivars l’unité, impossible pour lui, alors qu’il gagne bien plus que le salaire minimum à 5 millions de bolivars.

On estime à plus d’un million et demi le nombre de voitures qui ne circulent pas, faute de pièces détachées ou à cause de l’hyperinflation. Or celle-ci pourrait dépasser les 13 000% cette année, selon le FMI.

rfi

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